Atypical : mauvaise représentation sur mauvaise représentation…

J’ai visionné les trois saisons d’Atypical, intéressée par l’idée d’un personnage principal autiste. Je peux dire que j’ai été déçue.

Non seulement la représentation de l’autisme n’est pas fameuse mais celle des femmes et de le bisexualité est tout aussi douteuse.

La suite contient des spoilers.

Une représentation stéréotypée de l’autisme

J’ai eu l’impression en visionnant cette série que les scénaristes avaient pris la liste des caractéristiques de l’autisme pour tous les appliquer à Sam de manière plus ou moins hasardeuse et caricaturale. La série manque de réalisme et donne une image biaisée et stéréotypée des personnes autistes.

Le personnage de Sam apparait creux, sans vraiment de « vie intérieure ».

En outre, l’acteur principal est neurotypique : la série gagnerait en réalisme si elle se dotait d’acteurs autistes ainsi que de conseillers en autisme, comme c’est le cas dans la série Everything’s gonna be okay.

De plus, la série se concentre sur la volonté de Sam d’avoir des relations amoureuses. Pour cela, il se fait aider de ses proches, notamment de Zahid. Ce dernier a une vision des femmes archaïque et sexiste. 

A mon sens, Zahid ne veut faire de Sam qu’un homme toxique et viriliste.

Enfin, Sam apparaît comme totalement insensible, notamment avec sa mère et sa soeur. Là encore, c’est assez problématique dans la mesure où la série stigmatise les personnes autistes comme dénuées d’empathie (ce qui est entièrement faux).

Des femmes diabolisées

La seconde représentation problématique dans Atypical, ce sont les femmes.

Elsa : mère ou péripatéticienne ?

Pour commencer par Elsa, le problème de ce personnage est d’être coincée dans le dyptique archaïque mère/péripatéticienne. Et elle apparaît mauvaise dans les deux rôles. Trop protectrice avec Sam et Casey, infidèle avec son mari et jouant avec les sentiments de Nick.

Le côté « mère » continue jusque dans la saison 3, où elle s’occupe des plantes de Paige car elle se sent inutile. Elsa passe également son temps à vouloir aider Izzie et Paige comme pour continuer un rôle de mère.

Dans la troisième saison, c’est elle qui choisit de quitter Doug. Cette décision apparaît cruelle de sa part. Doug passe pour le gentil gars. En revanche, Elsa est celle qui décide d’être infidèle puis de quitter son mari.

Paige : hystérique et comique

Paige, la petite amie de Sam, apparaît comme une seconde mère pour Sam, à la fois hystérique et surprotectrice. Son personnage est à mon sens le moins bien développé de la série.

Dans la saison 3, elle est l’élément comique alors qu’elle a vécu un harcèlement à la fac et vit mal son retour chez elle. Cependant, tant lorsqu’elle organise un dîner à distance que lorsqu’elle conduit, elle passe pour une hystérique exigeante.

Paige mériterait d’être mieux développée et que ses problèmes (qui sont graves, on parle d’harcèlement !) ne soient pas tournés en ridicule et source comique.

Casey : une représentation problématique de la bisexualité et des femmes

Dans la troisième saison, Casey continue de sortir avec Evan tout en ayant des sentiments pour Izzie. Evan est beaucoup plus mis en lumière dans cette saison que dans les autres. Il apparaît perdu (mais ce n’est pas de sa faute, personne ne le comprend – ironie) et tentant de tout faire bien.

Au contraire Izzie apparaît négativement dans la mesure où elle se moque d’Evan et tente d’en éloigner Casey. On dirait une mauvaise illustration d’Adam, Eve et du serpent. 

Au milieu d’eux, Casey apparaît, à l’instar de sa mère, infidèle et égoïste. Au-delà de la mauvaise représentation des femmes, il y a également une représentation stéréotypée de la bisexualité.

Là encore, la série serait sûrement plus crédible si elle avait un conseiller sur le sujet.

N’y-a-t-il que du négatif ?

Atypical n’est pas totalement négative, certains éléments positifs en ressortent. Dans la saison 3, Sam a peur d’échouer après avoir appris qu’un quart des personnes autistes réussissent à la fac.

Cet épisode met en exergue la nécessité d’adapter la société aux personnes neuroatypiques et, plus largement, aux personnes en situation de handicap.

Cependant, au cours de la saison, quand bien même Sam a obtenu de l’aide auprès du service pour personnes en situation de handicap, on remarque que rien n’est adapté dans la fac pour l’aider.

Ses professeurs nient ses difficultés, notamment la professeure d’éthique. Le fait que Sam puisse lui rendre ses devoirs par écrit passe pour un échec et elle exige qu’il s’adapte à son cours. 

J’ai eu l’impression que les scénaristes oubliaient que ce n’est pas aux personnes en situation de handicap de s’adapter à la société. C’est à la société de ne pas être normée et de s’adapter à chacun.

De plus, si des adaptations sont mises en place, c’est que la personne en a besoin, qu’elles sont nécessaires.

J’ai donc trouvé très problématique la « valorisation » du comportement de la professeure d’éthique dans cette saison.

En conclusion

Atypical n’est pas la série du siècle, surtout en termes de représentation. C’est dommage car l’idée était bonne et des personnages comme Casey et Paige auraient pu être intéressants.

 

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