L’humeur série : The 100 (607 : Nevermind)

Nevermind, septième épisode de la sixième saison de The 100 était fabuleux. Le meilleur épisode de cette saison. On se laisse facilement embarquer dans les pérégrinations de Clarke, un esprit traumatisé en proie aux doutes. Nevermind se passe entièrement dans cet esprit et est bien construit. J’ai adoré cette conception, sorte de labyrinthe ou de jeu vidéo.

Clarke face à ses démons

Nevermind permet de voir où en est Clarke, quels sont les traumatismes qui l’habitent encore et qu’elles sont les décisions qu’elle ne parvient pas à accepte. Le père de Clarke joue le rôle du passeur qui permet à Clarke de se rendre compte qu’elle est encore en vie mais serait également celui qui l’accompagnerait dans la mort. En effet, dans les dernières scènes, elle pense qu’il va arriver lorsqu’elle a décidé de laisser Joséphine la tuer.

Comment Clarke a-t-elle survécue ?

Clarke se retrouve ensuite dans sa cellule sur l’Arche, entourée de multiples dessins. Si celui sur le sol représente le dernier qu’elle a fait avant d’être envoyée sur Terre, les autres constituent ses souvenirs. C’est ingénieux comme choix de lieu car au-delà du fait que c’est là que tout a commencé, cela métaphorise que l’esprit de Clarke est emprisonné.

Ensuite, Clarke fait face à Allie, ce qui nous permet de comprendre de quelle façon son esprit a survécu. Elle lui apprend qu’elle a uplaodé sous son esprit dans les restes de la puce, encore présente dans son cerveau. Cette justification est crédible et permet de revoir le personnage d’Allie, brillamment interprétée par Erica Cerra.

Allie la conseille sur la protection du souvenir de Raven délivrée de la puce et lui procure un moyen de le cacher de Joséphine. Les répliques permettent de souligner le caractère ironique de la situation : Allie protège ce qu’elle essayait autrefois de détruire.

Clarke se lance ensuite dans l’exploration de son esprit et se retrouve devant une porte inconnue. Elle l’ouvre et on apprend alors que cette porte symbolise la séparation entre son esprit et celui de Joséphine. En l’ouvrant, le compte à rebours commence. Joséphine apparait, bien décidée à la faire définitivement disparaitre. En ouvrant la porte, Clarke a aussi endommagé son corps.

Elle se lance alors dans une bataille contre Joséphine, ce qui lui permet aussi de se perdre dans les méandres de son propre esprit.

Les démons de Clarke

L’affrontement Clarke / Octavia

La première projection mentale de Clarke est Octavia qui l’accuse d’avoir abandonné son frère à la mort mais aussi de constamment se cacher. Elle revient en particulier sur les scènes du Conclave où Clarke avait volé le bunker pendant qu’Octavia participait.

Cette double-accusation permet de voir que même si Bellamy lui a pardonné, elle n’ pas eu la même indulgence envers elle-même.

De plus, il y a une réelle ironie dans les propos d’Octavia. C’est la fille sous le plancher qui accuse Clarke de passer son temps à se cacher. Finalement, on peut se demander qui est réellement “the girl under the floor”. Cela met en lumière à quel point ces deux personnages sont construits en parallèle, faisant face à des décisions et traumatismes similaires mais ayant des réactions totalement différentes.

Il est évident que Clarke fait face à une représentation d’Octavia car elle est incapable d’entendre cela de la part de Bellamy. Elle ne s’en veut pas tant par rapport à Octavia mais davantage par rapport à son co-leader qu’elle a abandonné à deux reprises : en sacrifiant sa soeur et en le sacrifiant à sa soeur. C’est dont implicitement face à Bellamy que Clarke fait face en affrontant Octavia.

Maya, représentante du Mont Weather

La scène avec Maya montre la double-culpabilité de Clarke. Elle se reproche d’avoir anéanti le Mont Weather et d’avoir tué Maya, ce qui a détruit Jasper.

Les vêtements que Clarke sont également très symboliques dès lors qu’elle porte la tenue d’un commander. Face à Maya, elle est donc Wanheda.

Elle se considère comme un fardeau pour son peuple, n’est pas convaincue d’avoir agit comme elle le devait. Mont Weather reste pour elle sa plus grande décision mais sûrement celle pour laquelle elle se blâme le plus.

On peut également noter que Maya comme Octavia adresse à Clarke une double-accusation. C’est intelligent car cela permet à la fois de soulever les démons auxquels elle fait face mais également d’éviter une multiplication de scènes. Ces deux scènes sont simples, efficaces et justes.

Les traumatismes de Clarke

Les traumatismes de Clarke apparaissent dans la scène dans les bois. Cette scène est splendide, la meilleure de Nevermind.

La mort des autres : le traumatisme de Clarke

Au centre de ce traumatisme : la mort de Lexa, représentée par le trône installé en plein milieu. Et au-delà de la mort de Lexa, on voit que Clarke se sent surtout coupable d’avoir tué son père, Finn, Lexa et Jasper, tous les quatre représentés dans la scène.

C’est donc plus que la mort de Lexa qui traumatise Clarke : c’est d’être à l’origine de la mort de ceux auxquels elle tenait. Et, en filigrane, la crainte de tuer sa mère, Madi, Raven ou Bellamy (ce qu’on comprend grâce à l’histoire du cadenas.

Cette réplique permet d’ailleurs de voir que Raven a une importance pour Clarke (ce qui est parfois très peu mis en valeur). Leur relation sororale est extraordinaire et j’aurais vraiment aimé qu’elle soit davantage développé dans la saison 5. J’espère vraiment que ce sera le cas dans la sixième.

Clarke est seule, aurait-il fallu que ce ne soit pas le cas ?

Par ailleurs, il n’y avait pas besoin du personnage de Lexa pour que la scène dans la forêt soit géniale. Son absence rend même meilleure cette scène où Clarke se retrouve seule, assise sur le trône, et quelque part ayant choisi de régner une dernière fois sur les siens en choisissant de mourir. Heavy is the crown comme lui disait Jaha dans la saison 4… Implicitement, cela rappelle également que Clarke est toujours seule pour prendre les décisions pour son peuple.

De plus, on a pu le voir, l’esprit de Clarke est davantage rempli de dessins et de symboles que personnes. Lorsque son esprit se manifeste sous forme de personnes, c’est davantage pour l’accabler.

Hormis son père, qui joue le rôle du passeur au début, permettait à Clarke de trouver la force de se faire face, on comprend qu’elle ne parvient pas à faire face à ceux qu’elle pense avoir trahi. Ainsi, si Monty apparait à la fin, c’est uniquement parce qu’elle pense avoir respecté ses dernières volontés et que, dès lors, sa morale peut reprendre le dessus sur son désespoir.

En conclusion, une magnifique scène permettant de voir le désespoir de Clarke, persuadée que se sacrifier est la chose à faire pour son peuple.

Un sursaut de survie

Après avoir fait face à ses démons, Clarke abandonne le combat et donne son souvenir à Joséphine. Elle est convaincue que son absence est ce qu’il y a de mieux pour les siens.

Alors qu’elle attend que sa vie prenne définitivement fin, la représentation de Monty arrive. Il la fait douter de son choix. Clarke finit par aboutir à l’idée qu’elle veut que les siens soient saufs mais pas à n’importe quel prix.

Elle s’introduit alors dans l’esprit de Joséphine, espérant y trouver une solution.

Les vilains secrets de Joséphine

Dans un premier temps, Joséphine apparait dans l’esprit de Clarke. Cela permet de voir à quel point elle est manipulatrice et vraiment tordue.

Le personnage de Joséphine est à l’opposé de celui de Clarke. Cette dernière doute, se remet en question, n’estime pas sa vie supérieure à celle des autres, ne sous-estime pas ses adversaires.

Joséphine est arrogante, convaincue que les autres ne sont que des insectes sur son passage, qu’elle mérite davantage de vivre et, surtout, ne remet pas en question ses choix.

Son personnage est génialement interprété et écrit. Ses répliques sont fines, justes et sarcastiques à souhait. Ma préférée reste : “You have draws, I have books, don’t be judging”.

L’entrée dans l’esprit de Joséphine est également un moyen d’en apprendre plus sur l’histoire de Sanctum et sur le monde pré-apocalyptique.

Le traumatisme de Joséphine

La scène traumatisante de Joséphine permet d’avoir un aperçu du monde pré-apocalyptique. On y voit un magazine de sciences où Becca est en couverture ainsi qu’une Une de presse concernant le procès de Diyoza. Ces détails me font fortement espérer un préquel.

Au-delà de ce point, on assiste à la scène traumatisante de Joséphine. Et ce n’est même pas quand son père a assassiné tout le monde, y compris elle. Un homme qui espérait sortir avec elle se tire une balle devant elle. La productrice de Nevermind a tweeté qu’il s’agissait d’une représentation de la masculinité toxique.

En effet, on peut voir que le jeune homme fait tout pour attirer l’attention de Joséphine pour qu’elle finisse par accepter de sortir avec lui. En revanche, la jeune femme lui marque clairement son refus, ce qu’elle semble faire depuis plusieurs temps déjà.

Ce souvenir est également ce qui a justifié le départ de Joséphine avec la mission Elligius III. Sans cet évènement douloureux, elle aurait refusé de partir et serait restée sur Terre.

Cette scène rend également plus humaine Joséphine. Derrière son arrogance, se cache un évènement qu’elle n’est pas parvenue à accepter, même 200 ans après.

Le passé de Sanctum

La mort du dernier corps de Joséphine est évoqué dans l’épisode 5 de la saison. On apprenait que Kaylee était à l’origine de cette mort. Clarke visionne cette scène ainsi qu’une autre qui y est liée.

On apprend que Kaylee et Isaac, un sang rouge, ont commencé à douter de la façon de faire de Russell et Joséphine et ralliés le camp de Gabriel.

Les sangs noirs commencent à se faire rare et Josephine voudrait “purifier la lignée”, c’est-à-dire éliminer les sangs rouges. Cette scène montre encore tout le mépris qu’elle a pour la vie des autres et son sentiment de supériorité.

Josephine, Isaac et Kaylee abordent les offrandes. Il s’agirait d’enfant donné à la planète pour obtenir davantage de sang noir. Les dirigeants de Sanctum donnent-ils des personnes à la planète pour qu’elle leur “renvoie” des enfants sangs noirs ? Ou est-ce juste le culte qu’ils ont instauré pour supprimer des sangs rouges ? Cela reste nébuleux, j’espère que les prochains épisodes apporteront des précisions sur cette question.

Josephine contre Clarke : la connaissance contre l’expérience

Pendant l’intégralité de Nevermind, Joséphine ne cesse de rappeler à Clarke son immortalité et sa “supériorité” intellectuelle. C’est une manipulatrice qui parvient à ses fins, persuadée de valoir plus que Clarke. Elle le sous-entend au début de Nevermind : Clarke n’est qu’un insecte avec lequel elle s’amuse avant de la tuer.

Pourtant, Clarke montre à plusieurs reprises une forme de supériorité sur Joséphine : une supériorité par l’expérience et l’humanité.

Joséphine pensait avoir aisément le dessus sur Clarke. Dès leur première rencontre, cette dernière lui prouve le contraire. Clarke est beaucoup plus jeune que Joséphine mais elle a appris à survivre et à se battre. Alors que Josephine n’a acquis un savoir que par convenance personnelle et n’a jamais eu à apprendre à survivre.

Clarke prend rapidement le dessus physiquement sur Joséphine et va jusqu’à tuer une première représentation de son esprit avec violence. Elle perd le contrôle d’elle-même et passe littéralement ses nerfs sur la représentation mentale de Joséphine. Cette scène permet de voir le désespoir de Clarke, qui veut se battre pour survivre mais reste hantée par l’idée de n’être “que” Wanheda.

Enfin, l’esprit de Clarke apprend au fur et à mesure en fonction de ce que Joséphine lui dit et lui fait vivre. Elle piège Joséphine, cache ses souvenirs et, à la fin, parvient à contrôler les nerfs périphériques de Joséphine pour envoyer un message. Clarke a appris utilement là où son adversaire se repose sur ses acquis et n’apprend que pour apprendre.

Mont Weather, épisode 2 ?

L’affrontement de Sanctum permettra-t-il à Clarke d’accepter que sa décision au Mont Weather ?

En effet, les circonstances sont très similaires. Dans la saison 2, les 100 avaient été “accueillis” par les habitants du Mont Weather. Doutant de la bienveillance de ces personnes, contrairement à ses camarades de fortune, Clarke avait découvert qu’ils enlevaient des grounders et les tuaient en récupérant leur sang.

Elle s’était alors enfuie avec Anja et avait tout tenté pour délivrer les siens, sans savoir, avant que Bellamy ne s’y introduise, que les habitants du Mont Weather avaient commencé à prendre la moelle osseuse des 100.

Les circonstances pour Sanctum sont donc analogues. Clarke apprend dans les souvenirs de Joséphine que les sangs rouges sont considérés inférieurs aux sangs noirs et doivent être leurs sous-fifres. C’est assez identique au Mont Weahter où les habitants volaient le sang des grounders qu’ils considéraient inférieurs à eux. De même, au début, ils ne s’en prenaient pas au 100 mais à un autre peuple.

Clarke avait alors réagi en se disant que s’ils s’en prenaient aux grounders, il s’en prendrait aux siens et qu’ils ne pouvaient pas survivre en sachant ce qu’ils faisaient. Et à raison.

Si Clarke décide de trouver un moyen que son esprit survive, c’est qu’elle refuse que son peuple vive à n’importe quel prix, que ce soit en devenant les sous-fifres de Sanctum ou en cautionnant leur comportement. Il y a donc un parallèle très fort avec le Mont Weather.


Conclusion

En conclusion, Nevermind est LE meilleur épisode de cette saison jusqu’à présent. Il y aurait encore beaucoup à dire sur toutes les scènes de ce riche épisode. Le personnage de Clarke et, surtout, son état d’esprit au moment de sa “mort” est au centre de Nervermind.

Remplie de détails et de symboles, cet épisode a été réalisé et écrit avec ingéniosité. Le personnage de Clarke, le meilleur de mon point de vue, est mis en lumière. C’est un personnage complet, imparfait, bien développé, sûre d’elle mais aussi en proie aux doutes et aux regrets. Elle incarne un personnage moderne par sa force mais également parce qu’elle a des faiblesses et ne sait pas toujours quoi faire. Elle assume ses décisions devant les autres mais les ressassent et les remet en doute lorsqu’elle se fait face.


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