Un peu de séries : The 100 (6.04 : The face behind the glass)

The Face behind the glass est un très bon épisode, qui se termine sur un twist inattendu. Les informations sur ce qu’est le Naming Day sont distillées dans l’épisode. La tension de l’épisode monte petit à petit et, à la fin, on apprend ce qu’est vraiment cette cérémonie. C’est comme une toile tissée autour du Naming Day. Cet épisode est captivant et bien scénarisé et réalisé.

Cet article contient des spoilers

Sanctum et le Naming Day

Qu’est-ce que le Naming Day ?

The Face behind the Glass tourne entièrement autour du Naming day. Cette cérémonie était introduite dans le troisième épisode de la saison. On savait uniquement que cet évènement concernait Delilah parce qu’elle est sang noir.

Le Naming Day est une festivité de Sanctum, où les habitants font amendes de leurs erreurs. Pour les sangs noirs, cela a un tout autre sens : il s’agit de faire revivre l’un des Primes, ce qu’on apprend à la fin de l’épisode.

Tout le monde semble savoir ce qu’il va se passer et pourtant, personne ne révèle à Clarke & co à quoi correspond le Naming Day.

Delilah, la principale concernée par cette Cérémonie, apparait à la fois ravie et résignée.

La cérémonie se déroule en deux temps :

  • Le temps des excuses qui concerne tous les habitants
  • Delilah est nommée

A la fin de l’épisode, on apprend que tous les sangs noirs originels, les Primes, ont une puce, semblable à la Flamme. Cette puce permet de conserver leur esprit et qu’ils puissent prendre possession d’autres corps au sang noir. C’est l’horreur qui se cachait derrière les murs de Sanctum.

Et ils vécurent heureux…

The Face behind the Glass montre, dans un premier temps, un monde heureux. On les voit préparer des tas de biscuits, se réunir et pleurer ensemble, danser. Toutes ces scènes ont un côté trop parfait pour que ce soit vrai.

Comme dans l’épisode précédent, la parfaite image de Sanctum se craquèle jusqu’à la scène finale, permettant de rendre compte de l’horreur qui habite ce dôme.

Les squelettes dans la dernière scène et l’inaccessibilité de la pièce aux autres habitants sont  des images très métaphoriques. Il s’agit des squelettes dans le placard de Russell et de Sanctum.

Par ailleurs, le dirigeant, Russell, fait des excuses publiques à l’un des siens et va jusqu’à pleurer. Il s’attire rapidement le mépris d’Echo et le scepticisme de Clarke. Cette mentalité n’est pas du tout la leur et qu’ils ne sont pas prêt à le respecter.

Pour la première fois, le leader est un homme moderne qui n’étouffe pas ses émotions. Au contraire, il les accepte et les communique. N’est-il donc pas un leader entier qui sait à la fois réfléchir et, en même temps, exprimer ce qu’il ressent ? Il me tarde de voir développer cette nouvelle forme de leadership qui, implicitement aborde la masculinité toxique. Intrinsèquement à cette question est liée celle des femmes de pouvoir qui ont l’injonction d’être fortes.

Si Bellamy et Echo restent sceptiques, Clarke et Jordan adhèrent totalement à ce nouveau monde. Si Jordan est surtout motivé par la chance que lui ont donné ses parents, Clarke tente encore une fois de fuir qui elle est et son passé.

L’heure des excuses et des explications

Clarke et Raven / Clarke et Bellamy

Clarke se rend auprès de Raven puis de Bellamy pour leur adresser ses excuses pour avoir aidé McCreary et laissé Bellamy dans l’arène.

Pour Raven, les excuses de suffisent pas. Elle dit à Clarke qu’elle s’excuse toujours mais commet encore les mêmes erreurs. Ce qu’elle dit est bienvenu car cela montre que, encore une fois, Clarke essaie de s’excuser mais qu’elle n’a pas compris le problème. Elle se réfugie derrière son absence de choix alors qu’elle a mené elle-même la situation jusqu’à ce moment-là Tous ses choix la mènent toujours à celui qui devient impossible.

Les passages avec Raven permettent également de voir qu’elle va revenir à une ancienne passion : la mécanique. Un nouveau personnage est également introduit. Il ressemble un peu à Cage Wallace mais en plus rebelle. Va-t-il être, comme Cage, encore plus cruelle que Russell ? Ou bien va-t-il aider Clarke & co ?

La scène avec Bellamy se passe mieux pour Clarke. Elle s’excuse et il lui dit qu’il comprend parce qu’il sait ce qu’elle a ressentit. C’est parce qu’il a commis beaucoup d’actes pour sauver sa soeur que Bellamy comprend que Clarke a agit dans le seul but de sauver Madi. Cette scène permet également de voir à quel point ce personnage est tout aussi rempli de culpabilité que Clarke sur ses actions passées. Cependant, à la différence de Clarke, il parait résigné à devoir vivre avec.

Bellamy et Echo

Bellamy confronte Echo sur son insensibilité à la mort de Monty et Harper. Il l’accuse d’enterrer ses sentiments comme “a loyal Azgeda spy”. Elle le laisse déverser ses propos avant de se retourner et partir. Cette scène est très belle. On voit à que Bellamy et Echo gèrent différemment le deuil et la douleur. 

Bellamy, comme à de nombreuses reprises, s’en prend à ceux qui lui sont proches. En revanche, Echo se renferme sur elle-même.

Bellamy retourne ensuite voir Echo pour s’excuser de son comportement. C’est également l’occasion d’en apprendre plus sur son passé et notamment, comment elle a atterri en tant qu’espionne de la Reine Nia.  Si on apprend uniquement comment son mort ses parents, il est certain que ce n’est que la face immergée de l’iceberg. Cette scène est pleine de douceur et la réaction de Bellamy, qui se précipite vers elle, est très belle.

Jordan

The Face behind the Glass introduit davantage l’histoire du personnage de Jordan. Il confit à Delilah ce qu’était de vivre avec ses parents entourés de fantômes cryogénisés et sa culpabilité d’avoir choisi de se faire cryogéniser à son tour.

Quant à la romance entre Delilah et Jordan, elle tourne rapidement court. Russell lui a imposé la puce. Delilah a donc disparu et c’est Priya qui a pris son corps. Lorsque Delilah réapparait de derrière les portes du palais de Sanctum, il tente de s’approcher. Elle le regarde comme s’il était un insecte avant de prendre dans ses bras son “fils”.

Octavia et Diyoza

Octavia a été enlevée, avec Rose, par les Children of Gabriel. Quant à Diyoza, elle a été expulsée du dôme dès que Russell a appris son identité.

Le duo Octavia/Diyoza intervient au milieu de The Face behind the Glass. Il fonctionne merveilleusement bien.

Le personnage d’Octavia prend également un nouveau tournant. Si dans les précédents épisodes elle apparaissait irréfléchie et tuant à tours de bras, elle revient à un rôle similaire aux précédentes saisons. En effet, alors qu’elle ne la connait pas, elle protège Rose et la secours en même temps qu’elle. Ce n’est pas sans rappeler l’épisode 6 de la saison 3 où elle secourait un jeune garçon. Et pourtant, ce n’est plus la même, désormais, elle se définit elle-même comme un monstre.

La Octavia post-bunker apparait lorsqu’elle se précipite pour tuer la femme qui l’a enlevée. Cette dernière tire des coups de feu à l’aveugle pour réagir et l’un atteint Rose. Octavia apparait extrêmement choquée de la mort de l’enfant.

La mort de Rose à cause de son impulsivité va-t-elle faire évoluer le personnage d’Octavia ?

Clarke est morte, vive Joséphine

Clarke : the face behind the glass

The Face behind the glass se termine par un évènement inattendu : la mort de Clarke. Alors qu’elle est paralysée, Russell et sa femme décide de lui injecter la puce de leur fille Joséphine pour que son esprit prenne possession du corps de Clarke. On apprend alors que l’esprit de Clarke sera détruit par cette puce.

Cette mort est totalement inattendue et surprenante. Tout l’épisode est construit autour de ce moment-clé sans que l’on apprenne à un seul moment ce qu’il va se passer. La scène est bien réalisée et montre l’égoïsme de Russell. Lui qui jugeait Clarke dans le précédent épisode n’a pas des actions plus pacifiques.

L’ironie de la situation est également intéressante. Les habitants de Sanctum ne savent pas que Madi est en possession d’une version améliorée de leur puce. Ce qu’ils savent encore moins c’est que si Clarke a le sang noir, c’est grâce au travail d’Abby. Russell avait donc sous la main celle qui auraient pu lui permettre d’avoir plus de sang noir, sans s’en prendre à Clarke. Il n’y a désormais aucune chance qu’Abby ne l’aide. Cela rappelle implicitement ce que dit Kane à Cage Wallace dans la saison 2 : s’ils avaient demandé, les Skaikrus auraient fait dons de leur moelle osseuse.

Clarke est-elle vraiment morte ?

Deux indices sont intégrés à l’épisode et pourraient laisser penser que Clarke n’est pas morte.

Lorsque Madi demande à Clarke d’aller à l’école, cette dernière lui rappelle qu’elle peut lui retirer la Flamme à tout moment. Cela rappelle donc implicitement que si la Flamme peut être retirer, la puce de Sanctum pourrait l’être aussi.

Le second indice est ce que dit Delilah à Jordan : “don’t let me become the Face behind the glass”. Ces propos font référence à ce que lui confiait le jeune homme plus tôt dans la journée. Ils laissent toutefois planer le doute sur la mort de ceux à qui la puce est imposée. Jordan parlait de personnes cryogénisées donc de personnes vivantes. Est-ce également le cas de Delilah ?

Ensuite, dans le trailer, on voit Clarke revivre le Mont Weather dans la tenue qu’elle portait dans la saison 3. Clarke ne serait-elle donc pas, en réalité, coincer dans son propre esprit ? La Flamme de Sanctum ne serait-elle pas une sorte d’inverse de la Flamme des Commanders ? 

Enfin, Madi a accès à l’esprit de Becca, qui a crée les Flammes. Raven est celle qui comprend le mieux les travaux de Becca. Ne peut-on pas espérer que lorsqu’elles auront compris ce qui est arrivé à Clarke, elles puissent travailler ensemble pour la sauver ?

Cependant, tout laisse à penser également que Clarke pourrait être morte ou à tout le moins, mourir à la fin de la saison.

Cette saison est sur l’acceptation de son passé, ce qu’elle fuit. Peut-être que Clarke est un Enfer comme le prédisait Murphy dans le précédent épisode. Ainsi, dans la suite, on la verra peut-être coincée en Enfer, devant accepter ce qu’elle a fait. La saison se terminera alors sur Clarke partant en paix.

Cela serait horriblement cruel et surprenant mais c’est une théorie à envisager.

La mort de Clarke est-elle une allégorie du viol ?

Dans cette scène, Clarke est paralysée, comme si elle était sous GHB. Russell ne lui demande pas son consentement, il lui impose la puce. L’absence de consentement est d’ailleurs souligné. Elle apparait comme vulnérable, terrorisée, incapable de réagir et forcée de subir ce qu’il va se passer. 

En outre, rien n’est fait pour compatir avec Russell et Simone. Leurs justifications semblent davantage un prétexte. Les excuses de Russell paraissent fausses. Il va même jusqu’à prétendre que Clarke obtiendra ce qu’elle veut, à savoir la paix sans que l’on puisse croire une seule seconde à cela. Russell utilise même le terme “sacrificing your body”. Cela démontre qu’il s’agit d’une atteinte au corps de Clarke mais également à son esprit puisqu’il a l’intention de le détruire.

La réalisation de la scène laisse également penser qu’en imposant la puce à Clarke, c’est un viol qu’il commet sur elle.

Cette scène est extrêmement bien réalisé dès lors que tout est filmé du point de vue de Clarke. Elle n’est pas du tout esthétisée, au contraire. La scène est macabre. Les plans sur les yeux de Clarke montre son angoisse et, en même temps, toute sa résignation. Elle parait impuissante dans cette scène et Russel, au contraire, tout-puissant. La scène est d’une terrible cruauté.

Cette réalisation est ingénieuse. Il a été reproché à de nombreuses séries de réaliser les scènes de viol uniquement du point de vue du violeur et de trop les esthétiser. En choisissant de tourner cette scène exclusivement du point de vue de Clarke, les réalisateurs de The 100 ont donc fait un choix de réalisation ingénieux et moderne.

En conclusion

The Face Behind the Glass est un très bon épisode qui marque un tournant dans la saison. L’épisode est tout en tension et amène à une fin convaincante et surprenante. Encore une fois, la performance des acteurs est géniales et le scénario remarquablement bien écrit. Il n’y aura pas Clarke dans le prochain épisode, ce sera Joséphine. Il me tarde de voir ce que cela va donner et comment les choses évolueront.

Pour plus d’informations sur la représentation du viol et des agressions sexuelles dans les séries télévisées, je vous invite à lire l’excellent ouvrage d’Iris Brey, Sex and the series. Il est divisé en trois parties : le plaisir, la violence et la représentation de la sexualité LGBT+. C’est un livre passionnant et très instructif.

 

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