Un peu de séries : The Society

Dans The Society, on suit un groupe d’adolescents qui découvrent en revenant dans leur ville que tous les adultes ont disparu. Ils s’organisent alors pour recréer une société et un ordre afin de ne pas se laisser dépasser par le chaos.

Si je n’avais pas nécessairement accroché au pilote de la série, la suite a été convaincante et addictive. Après avoir vu l’intégralité de la première saison, je peux dire que c’est une série intelligente, avec une réflexion autour du thème de la société. Chaque épisode aborde un thème différent. Les personnages sont développés, même s’ils mériteraient un peu plus de nuances. Le mystère de dévoile peu à peu au fil de la saison sans pour autant priver de l’intérêt d’une saison 2.

Il y a deux intrigues dans The Society qui constituent le fil de la saison. Ensuite, chaque épisode a sa propre intrigue qui touche à un thème de la série.

La première intrigue est fantastique. Les personnages essaient de savoir pourquoi tous les adultes ont disparu. Ce fil conducteur de la série est captivant quand bien même la théorie des univers parallèles parait plutôt évident dès le début de la saison. Cependant, tout l’intérêt de la série n’est pas de savoir où ils sont mais pourquoi ils y sont. Le mystère se dévoile peu à peu dans la saison sans pour autant est entièrement levé à la fin.

La seconde est liée à l’organisation de la société qui se créée petit à petit. L’intrigue, de la mise en place d’une société jusqu’à la destitution d’Allie est réaliste et réfléchie. J’ai toutefois trouvé que la série commençait réellement à la mort de Cassandra. Dans les précédents épisodes, les relations amoureuses mangeaient davantage l’intrigue. Tout dans la série tourne autour de la notion de sécurité, qui est ce qui est exigé du pouvoir. Le pouvoir en place peut-il assurer la sécurité de tous ? Ne peut-il y avoir illusion de sécurité dans certains cas ?

Des personnages développés mais insuffisants

Des personnages principaux manichéens

Un des personnages auquel je me suis le plus attachée, c’est Allie. Je trouve son rôle intéressant et ses dialogues extrêmement bien écrit. Les termes sont pertinents et justes et le jeu de l’actrice est excellent.

De même, le personnage de Campbell, en particulier son caractère calculateur et manipulateur, apporte beaucoup à la série. J’aurais toutefois trouvé plus logique qu’il ne soit pas un psychopathe. En effet, cela lui donne un côté un peu trop “exceptionnel”. Il y a une raison à son comportement alors qu’il aurait pu agir de la sorte sans pour autant être psychopathe. De plus, cela donne un caractère manichéen à la série. D’un côté, il y a la parfaite et réfléchie Allie, de l’autre Campbell, le psychopathe. Entre les deux, on retrouve Helena, Kelly, Harry et Lexie. Harry et Lexie manquent de nuances.

Les personnages de Luke et Grizz sont plus nuancés. Ce ne sont pas des footballeurs américains bruts et clichés. Ils ont une personnalité plus complexe et un vrai développement. Grizz est un personnage attentif aux autres, conscients de l’importance d’agir dans leur société et droit.

Des personnages secondaires insuffisamment développés

Un des personnages que j’ai le moins apprécié est Will. Ce dernier ne fait que donner des leçons à Allie, se vexe quand tout ne tourne pas autour de lui. Il passe la saison à hésiter entre sortir avec Kelly ou Allie. Il voit tout par le spectre de la romance.

Helena est également un personnage intéressant qui gagnerait à être développé, de même que Kelly. Cette dernière hésite pendant quelques épisodes entre suivre ses amis et faire ce qu’elle estime juste. Elle essaye de trouver sa place et son utilité pendant toute la saison jusqu’à ce qu’elle se décide à apprendre comment soigner avec Gordie. J’espère que la relation amicale Kelly/Gordie sera développée dans la deuxième saison car cela pourrait être intéressant de voir leur duo apprendre petit à petit la médecine.

Becca manque également de développement, elle est surtout utile a l’intrigue de Kelly et Sam. Son rôle sera sans doute plus important dans la deuxième saison dès lors qu’elle devra élever son enfant dans une situation politiquement compliquée. J’espère toutefois que la série ne réduira pas son personnage au rôle de mère. En effet, Becca apparaît dans la saison 1 comme une journaliste. Ce trait de ce personnage n’est pas du tout approfondi. Il serait donc bien de voir ce développement dans la saison 2 et l’utilité qu’elle peut avoir pour participer à la résolution du mystère de la série.

The Society : une série sur la construction d’une société ?

La saison est divisée en trois parties. Dans les premiers épisodes, il y a toute la question de la construction d’une société et des raisons qui convainc un peuple d’en construire une. Ensuite, la série se concentre sur l’exigence de sécurité. Enfin, dans les deux derniers épisodes, The Society pose la question : la sécurité, est-ce la seule chose qu’un peuple demande à l’Etat ?

De l’état de nature à la construction d’une société

Lorsque les adolescents s’aperçoivent que les adultes ont disparu, deux comportements apparaissent. Il y a ceux qui veulent l’anarchie, volent dans les magasins et font ce qu’ils ont envie. De l’autre côté, il y en a d’autres qui souhaitent conserver un ordre, mettent en garde contre l’appropriation de la nourriture et tentent de trouver une explication.

Peu à peu, le second groupe va imposer un ordre, convaincant les autres qu’ils ont tout intérêt à en avoir un. Le premier groupe va alors être contraint de s’adapter tout en s’opposant peu à peu à l’ordre précairement instauré.

Il y a un message intéressant dans les premiers épisodes sur l’état de nature et l’intérêt de sortir de l’état de nature. The Society développe plusieurs thèses sur ce sujet.Tout d’abord, la série part du principe que l’état de nature est avant tout la loi du plus fort et démontre que les humains, pour survivre, ont tout intérêt à en sortir. Là où la série sort des thèses habituelles sur le sujet, c’est qu’elle place la question de l’état de nature par rapport à celles des femmes.

Toute la question est d’abord orienté par rapport à la sécurité. Cassandra propose aux autres femmes de West Ham d’organiser une société pour qu’elle puisse être davantage en sécurité. The Society prend également le pli d’un message plutôt intéressant. Les femmes ne peuvent que sur elles-mêmes pour se protéger.

Ainsi, par sécurité, ils donnent tout pouvoir à Cassandra pour les représenter, jusqu’à ce qu’elle meure et qu’Allie, sa soeur, reprenne le pouvoir.

La Justice et la Sécurité dans The Society

S’il y a un thème qui ressort c’est celui de l’insécurité, mis en balance avec le reste. The Society s’escrime a démontrer que l’insécurité existera toujours tant que le risque 0 n’existera pas.

Ce thème est présent dans le même épisode. Allie met en balance le risque que représente Campbell libre avec les principes d’une justice équitable et juste. Peut on renier la justice pour la sécurité ? Peut on condamner sans preuve juste parce qu’un individu est dangereux ?

Concernant les armes à feu, The Society choisit donc comme position de dire que c’est un sujet complexe qui ne peut pas être réduit à un dyptique pour/contre. Dans l’épisode sur ce sujet, Helena dit à Allie qu’elle ne pourra pas supprimer toutes les armes, que les gens les cacheront. Cependant, la série ne prend pas pour autant position pour les armes à feu. En effet, à travers l’intrigue de l’épisode, on comprend que permettre l’usage des armes, c’est empirer la situation. Les armes ne donnent qu’une illusion de sécurité. 

Ensuite, par le biais d’Allie et Will, The Society présente les arguments en faveur et défaveur de la peine de mort. Si en faisant rallier Allie à Will on pouvait penser que la série se prononce pour la peine de mort, la dernière phrase d’Allie à Will montre que tel n’est pas le cas.

En effet, après avoir tué Dewey, Allie remet en cause son choix en disant à Will : “Tu te sens en sécurité maintenant ?”. Question rhétorique mettant en avant que non, la mort de Dewey n’a rien changé, l’insécurité règne.

La sécurité, est-ce la seule exigence d’un peuple ?

Les trois derniers épisodes, centré autour des élections pour élire un nouveau maire, posent une question intéressante sur ce que le peuple exige d’un leader. Est-ce uniquement la sécurité ? Peut-on se passer d’une autorité chargée de la sécurité ? Que se passe-t-il lorsque ceux chargé de l’assurer disposent de trop de pouvoir ?

La réponse que choisie la série est de dire qu’un peuple veut la sécurité, mais pas au détriment de toute leur liberté ou de leur propriété. En effet, quand bien même les élections n’ont pas eu lieu, la victoire de Lexie, qui promettait plus de liberté qu’Allie mais plus de sécurité qu’Harry, était indéniable. Elle met également en exergue l’absence de contre-pouvoir qu’a Allie.

Au terme de la série, Campbell manipule les footballeurs/gardes, Lexie et Harry pour prendre le pouvoir. Il y a une réflexion intéressante sur la nécessité d’un pouvoir de police mais, également, sur l’importance de le limiter. Tant la prise de pouvoir par les gardes que la victoire prévue de Lexie montrent le besoin d’une balance des pouvoirs dans une société démocratique.

Il me tarde de voir comment ce sujet sera abordé dans la prochaine saison.

 

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