Terre de Brume de Cindy Van Wilder

Tome 1 : Le sanctuaire des dieux

Auteur : Cindy Van Wilder

Editeur : Rageot

Résumé

Terre de Brume est un roman post-apocalyptique dans lequel le monde a été divisée en Sanctuaires. Les Sanctuaires de l’eau et du feu sont les deux seuls présentés. On découvre ces sanctuaires à travers les deux personnages principales : Intissar et Héra. Héra est une orpheline qui a été élevée dans le Sanctuaire de l’eau. Intissar a été élevée dans le Sanctuaire du feu. Intissar apprend qu’une menace pèse sur le Sanctuaire de l’eau. Elle s’enfuit donc pour l’avertir, contre l’avis de celle qui dirige le Sanctuaire du feu. Elle y rencontre Héra, avec laquelle elle part vaincre celui qui a attaqué le Sanctuaire de l’eau.  

Mon avis

  1. Le récit

Terre de Brume est plutôt original et se lit rapidement. L’histoire va très vite, ce qui dans certains passages nuit au réalisme et à la qualité du roman. En revanche, on n’a pas le temps de s’ennuyer et le récit est assez addictif.

L’écriture est cependant très stéréotypée et impersonnelle, cela créé des situations où les émotions sont nommées et non pas ressenties.

Par exemple, à la mort de certains personnages, je n’ai pas ressenti la tristesse d’Héra. C’était presque écrit : “Héra est triste”.

Le mélange entre impersonnalité et rapidité du récit créé  de nombreuses incohérences. A de nombreuses reprises Héra et Intissar pensent à leurs amis. Cependant, aucun lien entre elles et d’autres personnages ne sont suffisamment approfondis pour que ça puisse paraître lié au récit ou qu’on puisse être touchée par leurs pensées.

Une des incohérences majeures du livre est quand Héra, qui est noire, arrive au Sanctuaire de feu. Les habitants sont choqués par sa couleur de peau. L’autrice a très certainement voulu dénoncer le racisme qui existe dans notre société. Je comprends l’intérêt du message mais ce n’était absolument pas cohérent avec le récit.

En effet, plus loin dans le livre, le récit révèle que l’Apocalypse est très récente (à peu près à la naissance des deux personnages principales). A l’origine, il n’y avait pas de Sanctuaires, les personnes étaient mélangées. Donc pourquoi tout le monde est-il si choquée de la couleur de peau de Héra ?

Ce qui exacerbe l’incohérence, c’est que les Sanctuaires ont été créés en fonction des aptitudes de chacun (maitrise de l’eau ou du feu). Cela signifierait que cette aptitude dépendrait de la couleur de peau ? Cela n’a aucun sens et le nombre assez important d’incohérences dessert le récit.

2. Les personnages

Pour en venir aux personnages, Intissar et Héra sont les deux seules personnages développées dans ce livre et… elles sont assez similaires.

Leurs réactions et leurs caractères ne se distinguent pas vraiment, ce qui en fait des personnages un peu creux. C’est dommage car il est rare de n’avoir que deux personnages principaux féminins. Cela ajoutait une touche de personnalité au livre qui est malheureusement un peu gâchée.

Cela reste toutefois des personnages forts et cohérents. Leur évolution est intéressante à découvrir, bien que leur caractère soit très similaire.

3. Le message du livre

Pour finir sur le message du livre, il aurait pu être très intéressant si la réflexion n’était pas si manichéenne. Le thème du livre est clairement la religion et l’extrémisme religieux.

Au début, les Sanctuaires de feu et de l’eau sont persuadés que l’autre vaut moins mais sans s’opposer physiquement, il y a juste un dénigrement de part et d’autre. Il est facile de faire le rapprochement avec les oppositions entre les religions.

Le “méchant de l’histoire” est un fanatique, qui serait issu du Sanctuaire de l’air et dont les dogmes s’apparentent clairement à de l’extrémisme religieux. L’autrice reprend tous les “codes” : le chef religieux fanatique, la glorification de la mort, le rejet des autres religions et des sociétés laïques, etc.

Le seul point négatif du message du livre est qu’il y a quatre communautés religieuses dans l’histoire. Or, le fanatique de l’histoire est issu d’une, où il est apparemment seul, alors que les “gentils” sont issus de deux autres. Le rendu du récit est alors très manichéen et suppose que dans les “gentils” on ne trouve pas d’extrémisme, juste quelques idées conservatrices, tout au plus.

Pour conclure, le livre n’est clairement pas allé au bout de ses promesses. Avec un peu plus de développement, moins de rapidité dans le déroulement du récit et des personnages plus approfondis, cela aurait fait un excellent livre.

  Si Terre de Brume ne m’a pas vraiment convaincu, en dépit du message intéressant et des personnages forts, un autre livre de l’autrice m’avait vraiment plu : La Lune est à nous.    
 

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