Pourquoi un peu de bruit ?

Nous vivons dans le monde du bruit : ceux qui n’en font pas n’existe pas, ne mérite pas d’attention aux yeux de ceux qui savent faire du bruit, qui savent se faire entendre. Ceux qui savent se faire entendre ne sont pourtant pas toujours ceux que l’on devrait écouter. Pourtant, parce qu’ils ont la voix la plus forte, parce qu’ils prennent plus de place, ils sont entendus. Ceux qui n’ont pas les moyens de parler, pas les codes, pas la voix, pas les mots, tombent dans l’oubli. Alors que le silence ne devrait pas être synonyme de transparence. Le silence est là pour nous rappeler qui nous sommes et où nous allons. Le silence est là pour nous apprendre à apprécier les bruits de la nature. Le silence est là pour ordonner le bruit. Combien de fois ai-je étouffé dans une salle trop pleine de bruit ? Combien de fois ai-je pleuré pour que le monde se taise ? Combien de fois ne m’a-t-on pas prêté attention parce que je n’avais pas besoin de parler ? Combien de fois m’a-t-on demander d’hausser la voix comme si c’était à moi de faire l’effort de parler plus fort et pas aux autres de m’écouter davantage ? Alors, avec ma sensibilité au bruit et ma petite voix, quelle chance ai-je dans ce monde pour me faire entendre ? D’exister ? Ce n’est pas parce qu’on ne m’entend pas que je ne mérite pas d’être écoutée. Ce n’est pas parce que je suis discrète, que je n’ai rien à dire. Ce n’est pas parce que je ne fais pas de bruit, que je n’existe pas. Je ne changerai pas de voix et je ne m’adapterai pas au bruit. Et si le monde n’était pas une cacophonie, la plus légère des voix vous paraitrait capable de traverser l’océan. Alors j’ai décidé de faire du bruit de la façon la plus silencieuse : en écrivant.