Le Joyau – Amy Ewing

Auteur du livre : Amy EWING

Editeur : Robert Laffont

 

               RÉSUMÉ

Violet est née avec une particularité génétique. A l’occasion de cette découverte, l’Etat l’éloigne de sa famille pour devenir une mère porteuse au sein du Joyau.

L’Etat est divisé en plusieurs strates allant du Marais, la zone la plus pauvre dont vient Violet, au Joyau, la zone riche.

Dans le Joyau, les femmes sont stérilisées à leur mariage car leurs enfants naissent morts ou avec d’importantes malformations.

Pour perpétrer leur lignée, elles ont donc recours à des mères porteuses qu’elles achètent à la Vente aux Enchères qui a lieu chaque année.

Violet et son amie Raven sont emmenées à la Vente aux Enchères.

Violet est achetée par une femme et le récit suit son quotidien dans le domaine de celle qui l’a achetée.

MON AVIS

  1. L’intrigue et les personnages

Le Joyau n’est pas une œuvre d’une grande originalité ou avec des personnages extraordinaires.

Au contraire, on retrouve facilement des liens d’autres livres, notamment Hunger Games.

Le récit se laisse toutefois facilement lire, la plume n’est pas trop mauvaise et l’intrigue est plutôt prenante.

Pour ce qui est des personnages, ils manquent de cohérences et de profondeurs.

L’histoire d’amour de Violet n’est pas très utile et un peu trop rapidement amenée. J’ai souvent zappé ces passages.

En revanche, j’ai beaucoup appréciée le lien qui la lie à Raven ou les rares passages avec les autres mères porteuses. Je pense que la relation Raven / Violet est plutôt attachante et bien développée. Les scènes où Violet s’inquiète pour son amie sont suffisamment bien écrite pour qu’on puisse s’inquiéter avec elle.

2. Le message du livre

Le Joyau pourrait également être une lecture plutôt agréable, si un message n’y était pas sous-entendu. Il y a une diabolisation de la gestation pour autrui (GPA) qui m’a beaucoup dérangée dans ce livre.

Si l’autrice avait utilisé le sujet de la GPA et donné son avis sur ce point en ayant étayé ses recherches en amont, cela ne m’aurait pas dérangée. Ce n’est pas l’opinion défavorable de l’auteur sur le sujet qui m’a gênée, c’est l’absence évidente de recherches.

En effet, le champs lexical de la GPA ainsi que de nombreux préjugés se retrouvent dans ce livre :

  • Le fait que les mères porteuses soient pauvres et les femmes qui les achètent riches;
  • La monétisation du corps humain est très fortement présent dans ce livre ;
  • L’exploitation du corps humain d’autrui ;

Cette diabolisation se fonde sur une méconnaissance profonde du sujet.

Réduire la GPA à une distinction pauvre / riche où des femmes monétisent leur utérus parce qu’elles n’ont pas d’argent, est réducteur.

La GPA est une méthode de procréation interdite en France et dans de nombreux pays et autorisée dans d’autres Etats (par exemple : Etats-Unis, Russie, Ukraine, l’Australie).

Dans les pays pratiquant la GPA, la mère porteuse n’est pas toujours rémunérée. C’est le cas notamment de l’Australie qui considère qu’il s’agit d’une “maternité de substitution altruiste”.

Aux Etats-Unis, c’est un choix mutuel de la part des parents d’intention et de la mère porteuse. Ils sont ensuite liés par un contrat.

C’est donc un sujet très complexe qui ne peut pas se résumer à une vision manichéenne des choses.

En résumé, Le Joyau n’est pas une mauvaise lecture mais le sujet principal est traité de manière manichéenne et non sérieuse, avec beaucoup de raccourcis.

 

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