La grève des femmes formidables d’Alex Riva

Résumé

La grève des femmes formidables se concentre autour de quatre femmes : Emma, Andréa, Chloé et Alice. Elles décident de partir en Grèce pour se reposer de la charge mentale qu’elles vivent. C’est également l’occasion pour elles que leur famille apprennent à se débrouiller sans elles.

Les chapitres sont, soit concentrés autour d’Emma, la narratrice, soit à la troisième personnes pour raconter l’histoire des autres personnages.

Mon avis

Si j’étais très emballée par un livre dénonçant la charge mentale, j’ai été très déçue de cette lecture. J’ai trouvé la Grève de femmes formidables jugeant, emplis de clichés et ne véhiculant pas un message bienveillant. 

Alors oui, le récit raconte l’histoire de femmes qui font tout chez elles et subissent la charge mentale. Cependant, une fois que cela est dit, le récit est empreint de médisances et de critiques à l’égard des femmes.

 

Trois passages m’ont notamment profondément gênée :

  • Lorsque la narratrice raconte l’histoire d’Anna, la « femme parfaite » : ce passage-là énonce clairement que la femme qui paraît parfaite n’est en réalité que superficielle et mesquine. On est dans la médisance, comme si une femme qui serait parfaite aux yeux des autres ou voudraient essayer de paraître parfaite, cacherait nécessairement un caractère cruel. Alors que, elle subit tout autant la charge mental que les autres. Au lieu d’apporter une réflexion, le récit est dans la critique. Quant à son mari, il passe pour une pauvre victime d’une “horrible” femme.
  • Lorsque les quatre personnages principaux se posent à la piscine en Grèce : la première chose que font les femmes de ce livre c’est de noter méchamment les femmes qui les entourent et s’empresser de les critiquer. L’objectif de ces notations, est de voir si elles ont des « adversaires » dans leurs possibilités de séduction.

Et ça se veut un livre dénonçant la charge mentale qui pèse sur les femmes ?

Cela me choque de trouver de tels passages dans un livre qui se veut féministe parce que l’égalité commencera d’abord par nous. Quand toutes les femmes arrêteront de se voir en compétition par rapport aux autres, quand toutes les femmes arrêteront de se voir dans les yeux des hommes, alors là seulement, nous aurons l’égalité. L’égalité passera d’abord par nous avant de passer par les hommes.

Ce livre renvoie à un modèle auquel la femme devrait ressembler au lieu de dénoncer l’ensemble des charges qui pèsent sur les femmes dans la société.

 

Quant aux clichés, je vais revenir sur deux qui m’ont vraiment agacée :

  • Concernant le fait que le personnage d’Andréa est avocate. Le premier, c’est que tout les avocats seraient pénalistes et auraient d’affreux clients. Le second, que les avocats n’ont plus de client à cause du nombre de diplômés chaque année. 
  • Le meilleur ami gay qui coche toutes les cases dans la catégorie “représentation homophobe”.

Par ailleurs, les dialogues font trop écrit et répétitif (par exemple, quand elles se répètent constamment qu’elles doivent prendre soin d’elles ou encore sur les aventures amoureuses du personnage de Chloé).

En conclusion : plus qu’une mauvaise lecture, une lecture énervante. 

 

 

Si vous souhaitez une vraie lecture sur la charge mentale, je vous conseille : Libérées ! Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale de Titou Lecoq. Ce livre apporte une vraie réflexion sur la charge mentale, est très documentée et pertinent.

Si vous souhaitez des livres avec un message féministe bienveillant et fort, je vous conseille Grace and Fury de Tracy E.Banghart.

 

2 thoughts on “La grève des femmes formidables d’Alex Riva

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