Flocons d’amour ou l’apogée du sexisme

 

Auteurs : John Green – Lauren Myracle – Maureen Johnson

Editeur : Hachette Jeunesse

Je n’ai pas aimé ce livre, principalement à cause des images sexistes qu’il véhicule.

Si ce livre m’a mise en colère – littéralement – c’est  parce que j’ai conscience qu’il se trouve en tête de rayon et que des adolescent.e.s le lisent.

En dehors des images et termes sexistes (1), je ne conseillerai pas ce livre pour plusieurs raisons (2).

Les développements suivants contiennent des spoilers.

I° Pourquoi Flocons d’amour véhicule-t-il des images sexistes ? 

  1. L’utilisation du terme garçon manqué et autres clichés de genre

Flocons d’amour est sexiste parce que le terme “garçon manqué” est employé un nombre incalculable de fois.

Ce terme signifie, littéralement, qu’une fille aurait pu être un garçon mais que Oh ! Malchance ! Elle est née avec un utérus.

C’est comme s’il existait un stade auquel une fille pourrait accéder mais qu’elle ne dépasserait pas la porte d’entrée du sacro-saint Palais de l’homme. 

Ce terme renvoi également à l’idée que certains comportements seraient masculins et d’autres féminins. Cela n’existe pas. Les comportements dits féminins ou masculins le sont parce que la société leur a accolé cette étiquette. 

A la naissance, vous n’êtes pas fan de foot parce que vous êtes un garçon et fan de danse classique parce que vous êtes une fille.

A la naissance, vous êtes des individus avec un sexe biologique.

Vous évoluez ensuite comme une personne qui a des aspirations, des attentes, des hobbys, des passions, etc. 

2. Le virilisme de Flocons d’amour

Flocons d’amour est également sexiste parce que les HOMMES FORTS sont opposés aux FAIBLES FEMMES.

Il y a de nombreux clichés dans ce livre en rapport à ce que les femmes et les hommes devraient être et faire.

Dans ce livre, les femmes donnent l’apparence de faiblesse tandis que les hommes donnent l’apparence d’une superficialité et d’une virilité.

Il y a de nombreuses descriptions qui ne ramènent les personnages masculins qu’à leur force physique (notamment Noah et JP).

Pour ne citer qu’un des passages du livre

Il était de un an mon ainé, mesurait trente centimètres de plus, avait de larges épaules, des yeux qui pétillent et les cheveux longs, populaire – bref, le genre de type qu’on imagine au bras d’un mannequin, d’une espionne ou d’une scientifique ayant un laboratoire à son nom

Dans cet extrait, on tombe dans le cliché du virilisme et de l’apparence, de la superficialité.

Pourquoi un homme considéré comme beau devrait nécessairement avoir une femme mannequin, espionne ou scientifique, bref, quelqu’un qui donnerait l’apparence d’une sorte de réussite ? L’homme doit-il être uniquement ramené à son apparence physique et à sa popularité ?

Un autre terme qui m’a un peu paru désuet : les “femmes de politiciens”.

Ce terme laisse sous-entendre une forme d’appartenance des femmes mais également qu’elles ne sont définies que par la carrière publique de leur mari.

Par ailleurs, chaque nouvelle, sous couvert d’une idée quelque peu étrange du romantisme de Noël, véhicule des messages sexistes.

3. Critiques de chaque nouvelle

La deuxième nouvelle m’a beaucoup gênée : dans cette nouvelle, trois des personnages sont invités par un ami à rejoindre la Waffle House où des pom-pom girls se sont installées. 

Cette nouvelle dit très clairement que : 

  • les femmes ne peuvent survivre sans les hommes
  • les pom pom girls (et les femmes en général) ne sont que des objets qu’il faut “distraire”

Une autre nouvelle a pour personnage central Jubilé qui, au lieu de pouvoir passer le Réveillon avec son petit ami, se retrouve coincé dans un train. En sortant du train, elle rencontre Stuart qui va très clairement la draguer et lui “montrer” le “vrai” visage de son petit ami. 

Stuart bloque tout seul dans un pseudo combat de coqs. Il se permet également d’être moralisateur avec Jubilé et pense tout savoir sur tout.

Il tient donc le rôle d’un personnage très paternaliste, ce qui suppose qu’il ne la considère pas comme son égal.

Hormis le sexisme qui file l’ensemble de ce livre, le roman possède d’autres défauts.

2° Pourquoi je ne conseille absolument pas Flocons d’amour (en dehors du sexisme) ?

  • Ce n’est pas très bien écrit (ou traduit) : en lisant ce livre, j’avais notamment l’impression que les termes choisis étaient approximatifs.
  • C’est mièvrement niais (oui oui : mièvrement niais : c’est comme un gâteau au chocolat avec des cerises de guimauve sur un nuage parfumé, le tout enrobé d’irréalisme)
  • C’est hétérocentré
  • Tous les personnages sont blancs

Concernant ces deux derniers points, si des auteurs veulent faire trois nouvelles de Noël, pourquoi que des hétéros et des blancs sur les SIX personnages principaux développés ?

Cela ne fait que rajouter un énième livre avec exclusivement des personnages hétéros et blancs sur les étagères des librairies bien trop encombrés de livres sexiste avec des personnages hétéros et blancs.

Bref, un peu de diversité et de messages féministes ne ferait pas de mal à la littérature Young adult. 

Il y en a, certes, mais un par siècle, ce n’est pas suffisant.

Aux personnes qui passent par là et lisent cet article : ne laissez pas votre sexe vous définir.

Soyez-vous, cela suffira amplement à votre bonheur et, après tout, c’est ce qui devrait uniquement compter.

 

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