5000 km entre nous d’Allison Raskin et Gaby Dunn

Ava et Jenny sont amies depuis toujours. Elles se retrouvent toutefois séparées, à l’Université, de 5000 km. Elles s’échangent alors des mails et des sms pour rester en contact.

Temps de lecture : 5 minutes

La suite contient des spoilers

L’intrigue

5000 km entre nous, c’est une histoire d’amitié. C’est aussi une histoire de découverte, de premiers pas dans la vie d’adulte. Il y a beaucoup de fraîcheur dans ce livre.

Le format, mail et SMS, est facile à lire. On suit aisément le déroulement des aventures professionnelles et personnelles d’Ava et Jenny. En outre, j’ai bien aimé le côté amusant des objets des mails.

Le côté “sortie” de l’adolescence est très bien écrit. On a vraiment l’impression de faire face à deux jeunes de 18 ans qui apprennent à vivre seules et à se découvrir. Il y a cette impression qu’elle joue à “être grande”.

Le scénario est assez basique, d’un côté on suit Ava dans son école de cinéma, essayant de se faire des amis, de trouver un petit ami. De l’autre, on suit Jenny, inscrite au journal de la fac, qui se cherche sexuellement et en tant que personne.

J’ai beaucoup aimé la résolution de l’histoire de Jenny, qui préfère refuser une offre professionnelle par respect de ses convictions.

Ce n’est pas tant le scénario qui est intéressant mais plutôt les personnages, en particulier leur évolution.

Le personnage d’Ava

Ava est une jeune femme, dont la vie se centre autour de Jenny et de ses parents, dont elle est très proche.

Elle entre à la fac près de chez elle mais à 5000 km de celle de Jenny. Elle se retrouve seule, à devoir se sociabiliser, à essayer de savoir qui elle est sans Jenny, ce qu’elle veut.

C’est un personnage curieux qui ne se ferme pas, notamment en essayant les fraternités étudiantes. Elle est maladroite, tant dans ses rapports avec Jenny qu’avec son copain. Pourtant, elle apprend et c’est ce qui en fait un excellent personnage.

Il est également rare d’avoir un personnage atteint de troubles anxieux. Les deux autrices ont bien mis en valeur cette pathologie en montrant que c’est un handicap mais qu’il est possible de vivre avec, pour autant que son entourage soit compréhensif.

Le moment où Ava largue Jake car il ne supporte pas qu’elle pleure est une bonne scène qui montre que ce n’est pas à Ava de se sentir fautive, c’est à Jake de ne pas l’accepter toute entière.

Les psy sont également dédramatisés et, à travers Ava, les autrices font passer un message important : il ne faut pas avoir peur d’en changer si la méthode d’un psychologue ne convient pas.

Le personnage de Jenny

Jenny est un personnage plutôt haut en couleur. Contrairement à Ava qui avance maladroitement dans le monde adulte, elle s’y jette tête baissée. Elle fait des erreurs, s’attache à des personnes qui ne lui prêtent aucune attention.

Ce qui est intéressant avec le personnage de Jenny, c’est qu’elle se cherche mais refuse de se laisser coller une étiquette trop rapidement. Elle ne sait pas encore qui elle est et doit apprendre sur elle-même pour le découvrir. Jenny fait des expériences pour savoir ce qui elle veut être.

Par ailleurs, Jenny est blessée par le comportement de ses parents, qui ne sont pas là pour elle. Elle est blessée par son père qui décide de se reprendre en main pour sa soeur.

J’aurais aimé explorer plus cette intrigue relative à Jenny. Leurs passages dans le livre sont cependant à l’image de leur relation avec Jenny : quasi-absent.

Jenny est un personnage qui a des principes et qui s’y tient. Elle peut écrire un article dénonçant le harcèlement commis par le directeur de son école. Jenny est quelqu’un qui peut aussi décider de refuser un poste dans le journal de ses rêves parce qu’il ne correspond pas à ses valeurs. C’est un personnage entier qui est là pour les autres et qui s’attache à respecter ce en quoi elle croit.

Cependant, ce qui m’a dérangée dans les passages relatifs à Jenny, ce sont les deux personnages lesbiens avec qui elle sort, Molly et Charlotte. Elles auraient mérité d’avoir un peu plus de nuances dans leur personnalité pour être moins des clichés négatifs. J’ai trouvé leur rôle plutôt stéréotypé.

De plus, Jenny renvoie souvent les autres personnages à leur sexualité ou leur genre, ce qui est restrictif. Ces personnages ne sont sont peu développés en dehors de leur sexualité ou leur genre.


En conclusion, une bonne lecture, avec des messages positifs et des personnages principaux attachants et bien développés.


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